
La communication grand public sur la fin du cuivre parle surtout d’ADSL et de téléphone fixe. Pour les entreprises, l’enjeu est ailleurs : ce sont des accès professionnels spécifiques, souvent structurants pour l’activité, qui disparaissent avec la fermeture technique du réseau cuivre. Le SDSL symétrique, les accès RNIS et les liens data sur cuivre sont directement concernés. Ce billet en fait l’inventaire et présente leurs solutions de remplacement.
Ce que la fermeture technique emporte
La fermeture technique du réseau cuivre implique l’arrêt des services reposant sur l’ADSL, le VDSL et le SDSL, ainsi que sur le réseau téléphonique commuté. Cette liste est explicite dans la documentation de l’Arcep. Le SDSL en particulier mérite l’attention : à la différence de l’ADSL grand public, il offre un débit symétrique, longtemps privilégié par les entreprises pour héberger des services, garantir des flux montants ou raccorder des sites secondaires. Sa disparition programmée oblige à repenser ces usages.
Le SDSL symétrique
Le SDSL a servi de socle à de nombreux raccordements professionnels : liens intersites, accès à des applications hébergées, garanties de temps de rétablissement contractualisées. Sa valeur tenait à la symétrie du débit et à des engagements de service que l’ADSL ne fournissait pas. Sur cuivre, cette technologie est condamnée au même titre que les autres accès DSL. Son remplacement naturel est la fibre optique, qui offre des débits symétriques très supérieurs et des offres à garantie de service. Là où la fibre n’est pas disponible, la 4G ou la 5G fixe peuvent constituer une alternative selon les exigences de l’usage.
Les accès RNIS et la téléphonie d’entreprise
Les accès RNIS (T0, T2) raccordaient les autocommutateurs d’entreprise au réseau téléphonique. Leur disparition impose de migrer vers la téléphonie sur IP. Concrètement, un autocommutateur récent, de moins de sept ans, dispose souvent d’un trunk SIP intégré ou disponible en option, ce qui simplifie la bascule. Un équipement plus ancien, conçu pour le RNIS, nécessite l’ajout d’une carte SIP, l’installation d’une passerelle VoIP, dont le coût se situe généralement entre 150 et 600 euros, ou son remplacement pur et simple.
Pour la majorité des PME, la solution cible reste un IPBX raccordé à un trunk SIP porté par la fibre ou un accès 4G/5G, le mobile jouant un rôle de complément plutôt que de remplacement. Les forfaits mobiles avec numéros fixes virtuels couvrent des usages simples, mais ne reproduisent pas les fonctions d’un standard d’entreprise : files d’attente, transferts, numéros partagés, serveur vocal.
Le cas du fax et des équipements analogiques
Un fax analogique cesse de fonctionner avec la coupure du cuivre. Les alternatives sont le fax sur IP via le protocole T.38 porté par un trunk SIP, le fax virtuel de type email-to-fax, ou l’abandon pur et simple du fax. Dans les secteurs où le fax reste réglementairement requis, le T.38 est la solution recommandée.
Au-delà du fax, une catégorie entière d’équipements repose encore sur une ligne analogique et échappe souvent aux inventaires : systèmes d’alarme, télésurveillance d’ascenseurs, terminaux de paiement, contrôles d’accès. Ces dispositifs relèvent de prestataires distincts de l’opérateur télécom, avec des délais propres, souvent de deux à quatre mois. Leur qualification en amont conditionne la réussite de la migration.
La méthode : qualifier avant de migrer
La démarche saine consiste à établir la grille de qualification de tous les accès raccordés au cuivre avant d’engager la bascule. Pour chaque accès, il s’agit d’identifier sa fonction, son caractère critique, le prestataire responsable et la solution de remplacement adaptée. Cette cartographie évite deux écueils symétriques : la découverte tardive d’un accès critique oublié, et le surdimensionnement d’une solution de remplacement par méconnaissance de l’usage réel.
Le point de départ opérationnel reste de connaître la date de fermeture technique de sa zone, publiée par Orange dans le fichier de trajectoire et consultable sur le site de l’Arcep. C’est cette date qui transforme un projet ouvert en chantier sous contrainte de délai.
Sources : Arcep, fiches pratiques sur la fermeture du réseau cuivre ; documentation technique d’intégrateurs télécom. Les fourchettes de coûts citées sont des ordres de grandeur, à confirmer par devis.
Pour aller plus loin
- RNIS : le compte à rebours pour les autocommutateurs
- Trunk SIP : ce qu’un décideur doit comprendre avant de signer
- T.38, fax virtuel : que faire de ses fax ?







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