
Après avoir détaillé les enjeux, les équipements et les solutions de la sortie du cuivre, il est utile de rassembler l’essentiel en une liste de contrôle actionnable. Cette check-list en dix points synthétise les vérifications à mener avant la coupure. Elle ne remplace pas un accompagnement adapté à chaque organisation, mais elle offre un fil conducteur pour ne rien oublier de critique.
1. Connaitre sa date de fermeture
Le point de départ de tout. Identifier, pour chaque site, la date de fermeture technique du cuivre de sa commune, via le moteur de recherche de l’État ou le fichier de trajectoire d’Orange. Sans cette date, aucune planification n’est possible. Pour un parc multisite, consolider ces échéances dans un tableau unique.
2. Inventorier tous les accès et lignes
Recenser l’ensemble des lignes et accès raccordés au cuivre : téléphonie, accès Internet, lignes dédiées. La facturation est un bon point de départ, chaque ligne facturée correspondant à un usage à qualifier. Une ligne dont personne ne connaît la fonction est précisément celle qu’il faut investiguer.
3. Débusquer les équipements invisibles
Aller au-delà de la téléphonie pour identifier les usages discrets : alerte incendie en ERP, téléalarme d’ascenseur, alarme intrusion, téléassistance, terminal de paiement, fax, portail, interphone, télérelève. Ces équipements relèvent souvent de prestataires distincts et sont les plus faciles à oublier. Croiser l’inventaire télécom avec les contrats de maintenance permet de les faire remonter.
4. Vérifier l’éligibilité à la fibre à chaque adresse
Contrôler, site par site, la disponibilité de la fibre via l’outil « Ma connexion Internet » de l’Arcep. Repérer les sites non raccordables, qui nécessiteront une solution alternative en 4G/5G fixe ou satellite, et qui peuvent devenir des points de blocage s’ils sont traités tardivement.
5. Qualifier la criticité de chaque usage
Classer les usages selon leur importance : ce qui ne doit jamais s’arrêter, ce qui tolère une interruption courte, ce qui peut attendre. Cette hiérarchisation détermine le niveau de résilience à prévoir et l’ordre de priorité des migrations. Les dispositifs de sécurité des personnes passent en tête.
6. Choisir la cible pour la voix
Décider de l’architecture voix : conservation de l’autocommutateur via un trunk SIP, ou bascule vers une téléphonie cloud complète. Ce choix dépend de l’âge de l’installation et de la volonté de transformer ou simplement de transiter. Éviter toute solution qui prolonge la dépendance au cuivre, comme le VDSL2.
7. Concevoir la résilience
Traiter explicitement la continuité de service. Pour chaque usage critique, prévoir le secours électrique, le lien de secours en 4G/5G, le débordement mobile ou une voie indépendante pour les fonctions de sécurité. Poser à tout prestataire la question : que se passe-t-il en cas de coupure de courant ou de perte de l’accès Internet ?
8. Anticiper la portabilité des numéros
Recenser les numéros à conserver, récupérer leurs RIO dès le début du projet, et positionner la démarche de portage suffisamment en amont, en tenant compte d’un délai de l’ordre de dix à trente jours ouvrés. Synchroniser l’activation sur la nouvelle solution avec la coupure de l’ancienne pour éviter toute indisponibilité.
9. Vérifier la génération mobile des solutions retenues
Pour tout équipement basculant vers le mobile, téléphonie, alarme, ascenseur, téléassistance, terminal de paiement, s’assurer qu’il repose sur la 4G et non sur la 2G ou la 3G, dont l’extinction est programmée. Migrer vers une génération condamnée reviendrait à devoir recommencer à court terme.
10. Séquencer et coordonner les tiers
Planifier la migration par vagues plutôt qu’en bascule unique, en commençant par un pilote. Intégrer au rétroplanning les délais des prestataires tiers, souvent de deux à quatre mois pour les équipements spécifiques. Prévoir des tests après bascule, en particulier pour les dispositifs de sécurité dont la défaillance peut passer inaperçue.
Le principe qui sous-tend la liste
Ces dix points partagent une même logique : transformer une échéance subie en projet maîtrisé. La fin du cuivre n’est pas une fatalité technique mais un chantier planifiable, à condition de le prendre à temps et de n’oublier aucun usage. L’erreur la plus coûteuse n’est jamais la complexité d’une solution, toujours disponible, mais l’oubli d’un équipement ou d’un site, découvert au moment de la coupure. Une check-list appliquée avec rigueur est la meilleure protection contre cette erreur. Pour les organisations les plus complexes, elle constitue aussi la base d’un cahier des charges à confier à un accompagnement spécialisé.
Cette check-list synthétise les bonnes pratiques abordées dans nos articles précédents. Elle constitue un cadre général et ne se substitue pas à une étude adaptée à chaque organisation. Sources : Arcep, dossier fermeture du réseau cuivre et outils associés.
🤝 Envie qu’on déroule cette check-list avec vous ? Découvrez nos services : audit du parc, scénarios chiffrés et pilotage de la bascule.
Pour aller plus loin
Chaque point de cette liste est détaillé dans un article dédié :
- Trouver sa date de fermeture : mode d’emploi du fichier de trajectoire
- Terminaux de paiement, télérelève, portails : le petit résiduel qui bloque
- Fibre, 4G/5G fixe, satellite : quel accès pour quel site ?
- Résilience de la voix sur IP : que se passe-t-il en cas de coupure ?
- Trunk SIP : ce qu’un décideur doit comprendre avant de signer
- Portabilité des numéros : garder ses lignes lors d’une migration
- Migrer avant la coupure : méthode de pilotage d’un projet télécom







Les plus discutés