Mon téléphone marchera-t-il en cas de coupure de courant ?

Infographie — Coupure de courant : ce qui n'est plus alimenté et les réponses possibles

C’est la question la plus fréquente, et l’une des rares où la réponse est franchement moins bonne qu’avant. Sur l’ancien réseau téléphonique, la paire de cuivre qui entrait chez vous n’apportait pas seulement la conversation : elle apportait aussi l’électricité nécessaire au fonctionnement du poste, depuis le central de l’opérateur. C’est pourquoi un téléphone filaire simple continuait de sonner et de permettre d’appeler alors que toute la maison était dans le noir.

Avec la fibre et la téléphonie sur IP, cette alimentation par le réseau n’existe plus. Le service repose sur des équipements installés chez vous — le boîtier optique et la box — et ces équipements sont branchés sur votre prise de courant. Plus de courant, plus de téléphone.

Ce que vous perdez vraiment (souvent moins que vous ne le croyez)

Avant de s’inquiéter, il faut regarder honnêtement la situation de départ. Si votre téléphone actuel est un combiné sans fil — le modèle posé sur sa base, avec un ou plusieurs postes dans la maison — alors il ne fonctionne déjà plus en cas de coupure de courant, cuivre ou pas : sa base est électrique. C’est le cas de l’immense majorité des foyers aujourd’hui. Pour eux, la fin du cuivre ne change rien à cette question précise : la perte est déjà consommée depuis des années.

La perte est réelle, en revanche, si vous utilisez encore un poste filaire branché directement sur la prise murale, sans alimentation propre. Ce sont ces installations — souvent chez des personnes âgées, dans des locaux techniques, des ascenseurs ou des sites isolés — qui perdent une sécurité qu’elles avaient.

Pour qui c’est un vrai sujet

  • Les personnes âgées ou isolées, en particulier celles équipées d’un dispositif de téléassistance : le médaillon doit pouvoir alerter précisément quand quelque chose ne va pas. Le sujet est traité en détail dans téléassistance et appel malade.
  • Les ascenseurs, dont le dispositif d’appel d’urgence doit fonctionner y compris lors d’une panne électrique — c’est même le scénario type de l’immobilisation. Voir ascenseurs et téléalarme.
  • Les établissements recevant du public, pour lesquels la possibilité d’alerter les secours relève d’obligations propres : voir ERP et obligations de sécurité.
  • Les sites en zone à coupures fréquentes — montagne, littoral exposé, zones boisées — où une panne de plusieurs heures n’a rien d’exceptionnel.
  • Les alarmes et la télésurveillance, qui doivent continuer d’alerter quand le courant tombe — un scénario qui n’est pas toujours accidentel (détail ici).

Les solutions, de la plus simple à la plus sérieuse

Le téléphone mobile chargé. C’est la réponse la plus simple et, pour un particulier, souvent la plus raisonnable : un mobile fonctionne indépendamment de l’électricité de votre logement. Deux réserves cependant, qu’il faut connaître. D’abord, la couverture mobile doit être correcte à l’intérieur du bâtiment — ce qui n’est pas acquis en zone rurale ou dans un sous-sol. Ensuite, lors d’une panne électrique étendue, les antennes-relais elles-mêmes fonctionnent sur batterie de secours, avec une autonomie limitée. Le mobile est une bonne réponse à une coupure locale, une réponse partielle à une coupure régionale prolongée.

L’onduleur. C’est un boîtier avec batterie, placé entre la prise murale et vos équipements, qui prend le relais instantanément quand le courant tombe. C’est la solution technique adaptée — à condition de respecter une règle que beaucoup ignorent : l’onduleur doit alimenter toute la chaîne. Brancher la box seule ne sert à rien si le boîtier optique qui reçoit la fibre, lui, n’est plus alimenté. Selon les installations, il faut donc secourir le boîtier optique, la box, et le cas échéant le petit équipement réseau qui alimente les téléphones professionnels — un point développé dans notre article sur les équipements sur ligne analogique.

Quelle autonomie en attendre ? Il n’existe pas de réponse universelle : elle dépend de la consommation réelle de vos équipements et de la capacité de la batterie choisie. Un installateur dimensionne l’onduleur à partir de ces deux chiffres, en fonction de la durée que vous voulez couvrir. Retenez seulement qu’un onduleur destiné à un ordinateur de bureau, prévu pour tenir le temps de sauvegarder un document, ne couvre pas les mêmes besoins qu’un dispositif destiné à tenir plusieurs heures.

Le secours par le réseau mobile. Pour un professionnel, la réponse est souvent d’ajouter un accès de secours indépendant, capable de prendre le relais automatiquement — architecture décrite dans résilience et secours mobile. Attention toutefois : cela répond à la panne du lien, pas à la panne d’électricité. Les deux sujets sont distincts et se traitent séparément — le second se traite avec un onduleur ou un groupe électrogène.

La bonne question à se poser

Elle n’est pas technique : que dois-je pouvoir faire, précisément, pendant une coupure de courant ? Pour la plupart des foyers, la réponse est « joindre quelqu’un en cas d’urgence », et un mobile chargé suffit. Pour une personne dépendante vivant seule, pour un établissement accueillant du public, pour un ascenseur ou pour un site dont l’activité ne peut pas s’arrêter, la réponse est plus exigeante et justifie un investissement.

Le moment de poser cette question est avant la migration, pas après. C’est à ce moment-là qu’un onduleur s’installe naturellement, dans le même geste que la pose de la box — et non six mois plus tard, après une mauvaise nuit.


Cet article donne des repères généraux à visée d’information. Le dimensionnement d’un onduleur et les besoins de continuité propres à votre situation doivent être établis avec un installateur qualifié.

💡 Un site où l’arrêt n’est pas envisageable ? L’état des lieux fait le point sur vos équipements critiques et sur ce qui doit être secouru — avant la migration, pas après.

Pour aller plus loin

Savoir ce qui doit continuer de fonctionner

AILERYS Conseil identifie vos points critiques et dimensionne ce qui doit être secouru, sans vendre d’équipement.

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