La machine à affranchir et autres usages oubliés

Infographie — Les usages oubliés du cuivre : machine à affranchir, télérelève, modems, fax

Au terme d’un inventaire des usages de la ligne cuivre, il reste presque toujours une catégorie résiduelle : les usages oubliés. Ces équipements discrets, branchés depuis des années sur une prise analogique et jamais réexaminés, échappent aux recensements rapides. La machine à affranchir en est l’exemple emblématique, mais elle n’est pas seule. Ces usages, précisément parce qu’on les oublie, sont ceux qui provoquent les mauvaises surprises le jour de la coupure. Cet article recense ces usages résiduels et rappelle la méthode pour ne rien laisser de côté, à l’usage des décideurs soucieux d’une migration sans angle mort.

La machine à affranchir, cas emblématique

La machine à affranchir illustre parfaitement l’usage oublié. Pour créditer son compteur postal et mettre à jour ses tarifs, elle se connecte périodiquement à un serveur, historiquement via une ligne téléphonique analogique. Personne n’y pense au quotidien, car la connexion est ponctuelle et silencieuse. Pourtant, à la disparition de la ligne, la machine ne peut plus se recharger ni se mettre à jour, et devient inutilisable pour affranchir le courrier. La solution passe généralement par une migration vers une connexion IP, la machine se raccordant à internet, ou par un remplacement, à traiter avec le fournisseur de la machine. Le point important n’est pas tant la solution, souvent simple, que le fait de ne pas oublier cet équipement dans l’inventaire.

Les autres usages fréquemment oubliés

La machine à affranchir n’est que la partie visible d’une famille plus large. Le fax figure en bonne place : encore présent dans certains secteurs, il ne fonctionne plus sur une ligne disparue et appelle une alternative, fax sur IP, service de fax dématérialisé, ou abandon pur et simple selon les besoins. Les lignes de maintenance et de télégestion d’équipements techniques, chauffage, climatisation, automatismes, qui permettent à un prestataire d’intervenir à distance, entrent aussi dans cette catégorie. Les lignes d’astreinte et de report d’alarme technique, distinctes des alarmes de sécurité. Certains modems de sauvegarde ou de secours de systèmes divers. Les lignes dédiées à des équipements très spécifiques d’un métier, parfois anciens et méconnus. Chacun de ces usages, isolément anodin, peut être critique pour l’activité qui en dépend, d’où la nécessité de tous les débusquer.

Pourquoi ces usages échappent aux inventaires

Ces usages partagent des caractéristiques qui expliquent leur oubli récurrent. Ils sont discrets : leur communication est ponctuelle ou permanente mais invisible, sans manifestation quotidienne qui les rappelle à l’attention. Ils sont anciens : installés il y a longtemps, ils fonctionnent sans qu’on y touche, au point que plus personne ne se souvient de leur existence ni de leur raccordement. Ils sont dispersés : répartis dans des locaux techniques, des recoins, sous la responsabilité de services ou de prestataires différents, ils n’apparaissent dans aucune vue d’ensemble. Enfin, ils ne relèvent pas de la téléphonie au sens courant, si bien qu’un inventaire centré sur les téléphones les manque. Cette combinaison, discrétion, ancienneté, dispersion, altérité, fait de ces usages les grands oubliés des migrations menées trop vite.

La méthode pour ne rien oublier

Débusquer ces usages suppose une méthode rigoureuse, au-delà du recensement des téléphones. Le principe est de partir non des équipements connus, mais des lignes : lister l’ensemble des lignes et abonnements analogiques encore actifs, à partir des factures et des relevés d’opérateur, puis, pour chacune, identifier ce qui y est réellement raccordé, y compris en inspectant physiquement les locaux techniques. Cette démarche par les lignes révèle les équipements que l’approche par les usages connus laisse échapper. Interroger les différents services et prestataires, maintenance, sécurité, services généraux, complète le tableau, chacun pouvant détenir un équipement ignoré des autres. Les factures d’abonnement récurrentes, même modiques, sont un fil précieux : une ligne payée est une ligne qui sert probablement à quelque chose. Cette traque systématique est la meilleure garantie contre les mauvaises surprises.

En synthèse

Les usages oubliés, dont la machine à affranchir est l’emblème, constituent la catégorie résiduelle mais piégeuse de tout inventaire de migration : fax, lignes de maintenance et de télégestion, astreintes techniques, modems de secours, équipements métier spécifiques. Discrets, anciens, dispersés et étrangers à la téléphonie courante, ils échappent aux recensements rapides et provoquent les défaillances imprévues le jour de la coupure. La parade est méthodologique : partir des lignes actives plutôt que des équipements connus, inspecter les locaux techniques, interroger tous les services et prestataires, et suivre le fil des abonnements facturés. C’est à ce prix qu’une migration se fait sans angle mort.


Cet article présente un cadre général et ne se substitue pas à un inventaire précis mené au sein de chaque organisation. Les solutions de remplacement dépendent de chaque équipement et de son fournisseur. Sources : documentation publique des opérateurs et intégrateurs sur la fin du RTC et la migration des usages sur ligne analogique.

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