Le parc cuivre se vide plus vite que le calendrier

Illustration éditoriale finducuivre : le parc cuivre se vide plus vite que le calendrier

Le réseau cuivre ne s’éteindra pas d’un coup en 2030. Il se vide déjà, et à un rythme que le calendrier réglementaire ne dicte pas.

Les chiffres

Fin septembre 2025, le nombre d’abonnements haut débit en France — principalement portés par le réseau cuivre en technologie DSL — s’élevait à 4,6 millions. Un an plus tôt, ils étaient 6,9 millions. La baisse atteint 2,3 millions en douze mois.

La tendance est antérieure. La Fédération française des télécoms recensait 12,7 millions d’accès cuivre actifs fin 2023, et moins de 10 millions fin 2024. Un recul supérieur à vingt pour cent sur un exercice.

En face, la couverture fibre progresse. Début 2026, près de 94 % des locaux peuvent bénéficier d’un accès fibre. Environ six pour cent ne le peuvent pas encore.

Ce que ces chiffres disent

Une première lecture, optimiste : la migration s’opère spontanément. Les abonnés basculent sans attendre la contrainte.

Une seconde lecture, plus utile à un décideur : ceux qui restent sur le cuivre sont ceux pour qui la migration est difficile.

Les départs faciles ont eu lieu. Un particulier déjà éligible change de contrat et de boîtier. Ce qui subsiste sur le cuivre en 2026 concentre les cas complexes : sites non éligibles, installations rurales, entreprises multi-lignes, équipements hérités, abonnés peu réactifs.

Les dossiers restants sont, par construction, les plus lourds. Ils arrivent au moment où les opérateurs traitent simultanément plusieurs millions de locaux par lot.

Les derniers pour cent

Le coût de la maintenance d’un réseau qui se vide

Un réseau cuivre à quatre millions d’abonnés coûte presque autant à exploiter qu’un réseau à douze millions. L’infrastructure physique reste la même : câbles, gaines, poteaux, armoires, répartiteurs.

Cette économie explique la logique de fermeture. Elle explique aussi une conséquence dont les abonnés restants font l’expérience : la qualité de service d’un réseau en fin de vie se dégrade. Les interventions s’espacent, les pièces se raréfient.

Un arbitrage qui consiste à maintenir le cuivre jusqu’à la dernière échéance repose donc sur une hypothèse implicite — que le service restera équivalent — qu’il convient d’examiner.

Ce que la fibre apporte, et ce qu’elle ne remplace pas

Sur les débits, l’écart est net : de 100 Mbit/s à plusieurs Gbit/s, en descendant comme en montant, contre des débits très inférieurs et asymétriques sur le cuivre. L’Arcep relève également qu’un abonné fibre consomme quatre fois moins d’énergie qu’un abonné cuivre.

Un point de rupture mérite cependant d’être posé. La ligne cuivre analogique restait alimentée par le réseau lors d’une coupure de courant. Un téléphone branché sur la prise en T fonctionnait sans électricité locale.

Une box fibre, non. Elle requiert une alimentation. Pour un site isolé, un établissement recevant du public ou un dispositif de sécurité, cette différence impose une alimentation de secours qui n’existait pas auparavant.

L’équivalence fonctionnelle entre cuivre et fibre n’est donc pas totale. Elle appelle un examen, site par site, des usages qui dépendaient de cette propriété.

Une transition qui dépasse la France

Le mouvement n’est pas isolé. Les dispositions du code européen des communications électroniques ont ouvert, dès 2018, la possibilité aux opérateurs régulés de fermer tout ou partie de leur réseau historique lorsqu’un produit de substitution à très haut débit est disponible.

L’Espagne, la Pologne, la Finlande et la Suède, plus avancés sur le déploiement fibre, ont déjà fermé des portions de leur réseau cuivre. La France a engagé la phase de fermeture industrielle. En Allemagne et en Bulgarie, l’opérateur historique n’a pas encore annoncé de projet de fermeture.


Sources

  • Arcep, observatoire des marchés, données du troisième trimestre 2025
  • Arcep, La fermeture du réseau cuivre et Du développement de la fibre à la fermeture du cuivre
  • Fédération française des télécoms, données de parc 2023 et 2024
  • Code européen des communications électroniques, dispositions de 2018 relatives à la fermeture des réseaux historiques

Les données de parc évoluent trimestriellement. Les chiffres cités sont ceux publiés à la date de rédaction. L’observatoire de l’Arcep constitue la référence à jour.

Portée de cet article

📍 Et votre commune, où en est-elle ? Consultez notre calendrier de la fin du cuivre : saisissez votre code postal et obtenez votre date de fermeture.

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