Le CCAS face à la fin du cuivre : accompagner les publics fragiles

Infographie — Le CCAS et les publics fragiles : repérer, prioriser, accompagner

La fin du cuivre est une opération de masse traitée par des opérateurs, avec des courriers, des sites web et des centres d’appels. Ce dispositif fonctionne pour l’immense majorité des usagers — et laisse de côté, dans chaque commune, quelques dizaines de foyers qui ne feront pas la démarche : personnes âgées isolées sans famille proche, publics en situation de précarité, personnes éloignées du numérique. Ce sont précisément les publics du CCAS, et ce sont eux qui risquent de se retrouver sans téléphone le jour de la coupure. Voici comment un CCAS peut s’organiser, sans se substituer aux opérateurs ni y consacrer des moyens qu’il n’a pas.

Pourquoi le CCAS est le mieux placé

Parce qu’il détient ce que les opérateurs n’ont pas : la connaissance des situations individuelles. Un opérateur sait qu’une ligne existe à une adresse ; le CCAS sait qui vit derrière la porte, s’il y a une téléassistance, si la personne est isolée, si elle comprendra le courrier reçu. Il dispose en outre des canaux qui touchent réellement ces publics : le registre des personnes vulnérables tenu au titre du plan canicule, les portages de repas, les aides à domicile, les visites de convivialité. Aucune campagne de communication n’égale un agent qui passe déjà toutes les semaines.

Étape 1 : connaître la date, et la traduire

Tout commence par l’échéance de la commune — consultable ici — et surtout par sa traduction en calendrier d’action. Deux dates comptent : la fermeture commerciale, qui donne le signal de départ, et la fermeture technique, qui est la date couperet. Entre les deux, comptez au moins six mois de travail de repérage et d’accompagnement pour une commune moyenne : la démarche ne se lance pas le trimestre précédent.

Étape 2 : repérer les foyers à risque

  • Croiser les fichiers existants : registre des personnes vulnérables, bénéficiaires du portage de repas, de l’aide à domicile, de la téléassistance communale ou départementale.
  • Ajouter un critère simple aux visites en cours : « avez-vous internet ? avez-vous reçu un courrier de votre opérateur ? ». Deux questions suffisent à trier.
  • Mobiliser les relais : aides à domicile, infirmiers libéraux, facteurs, associations, gardiens de résidences — ils voient les logements et repèrent les situations.
  • Prioriser : les foyers avec téléassistance ou alarme d’abord, les personnes isolées sans famille ensuite.

Étape 3 : accompagner, sans se substituer

Le rôle du CCAS n’est ni de choisir un opérateur, ni de souscrire un abonnement à la place de l’usager — ce serait engager sa responsabilité sur un contrat privé. Il est d’informer, sécuriser et orienter : expliquer que le numéro se conserve, alerter sur le démarchage abusif (le risque n°1 pour ces publics), aider à joindre l’opérateur ou la famille, vérifier que la téléassistance a bien été migrée et testée. Une permanence dédiée de deux heures par semaine pendant les mois critiques suffit souvent — accompagnée d’une fiche simple à laisser au domicile.

Étape 4 : articuler avec la commune et les partenaires

Le CCAS ne travaille pas seul. La commune porte la communication générale (bulletin municipal, réunion publique, affichage) et gère par ailleurs ses propres lignes — voir le rôle du maire face à la fin du cuivre. Le département pilote souvent la téléassistance et connaît ses bénéficiaires. Les bailleurs sociaux détiennent les listes de locataires âgés et gèrent interphones et ascenseurs. Une réunion de coordination en amont vaut mieux que trois campagnes parallèles qui se contredisent.

En synthèse

  • Le CCAS détient ce qui manque aux opérateurs : la connaissance des situations et les canaux qui atteignent les publics fragiles.
  • Repérage par croisement des fichiers existants + deux questions ajoutées aux visites en cours.
  • Priorité absolue aux foyers équipés de téléassistance ou d’alarme.
  • Informer et sécuriser — jamais souscrire à la place de l’usager.

Cet article propose une méthode générale à visée d’information. Le traitement de données relatives à des personnes vulnérables doit respecter le cadre applicable : limitez-vous aux finalités et aux fichiers déjà constitués, et associez votre référent protection des données.

💡 Quelle échéance pour votre commune ? Le calendrier par commune donne vos deux dates, et l’état des lieux traite en parallèle les lignes de la collectivité.

Pour aller plus loin

Organiser l’accompagnement dans votre commune ?

AILERYS Conseil aide les collectivités à bâtir leur plan de repérage et leurs supports d’information, et à traiter en parallèle leurs propres lignes.

À lire aussi dans ce dossier

Cet article vous a-t-il été utile ?

Cliquez sur une étoile pour le noter.

Average rating 0 / 5. Vote count: 0

Aucun vote pour l’instant — soyez le premier à noter cet article !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Défiler vers le haut