
« On signe, et c’est branché quand ? » Question saine — dont la réponse honnête varie de quelques jours à plusieurs mois selon les briques concernées. Sous-estimer ces délais est la cause n°1 des migrations sous pression : on découvre trop tard que l’accès met huit semaines à venir, que la portabilité demande une préparation, ou qu’un équipement dépend d’un prestataire tiers. Voici les délais réels, brique par brique, et la règle d’or du chemin critique.
L’accès : la brique la plus lente, donc la première à commander
Une fibre mutualisée (FTTH), résidentielle ou pro, se met en service en général en 1 à 4 semaines : délai de rendez-vous, intervention, et — point à anticiper — un taux d’échec au premier passage non négligeable (fourreau bouché, immeuble mal référencé) qui ajoute des semaines quand il survient. Une fibre entreprise sur infrastructure mutualisée (FTTE) demande typiquement 3 à 8 semaines. Une fibre dédiée (FTTO) se construit : étude, autorisations, travaux — comptez 2 à 4 mois, parfois plus en zone complexe. La hiérarchie complète de ces accès est expliquée dans notre comparatif des 4 fibres. Moralité : l’accès se commande en premier, tout le reste peut se préparer pendant qu’il arrive.
La portabilité des numéros : simple en apparence, structurante en réalité
Porter un numéro simple se fait réglementairement en 1 jour ouvrable une fois le dossier prêt — mais le délai réel se joue dans la préparation : RIO à collecter (le 3179), concordance exacte des données titulaire, et coordination de la date de bascule. Pour un parc professionnel (têtes de lignes, SDA multiples, numéros répartis sur plusieurs contrats), la préparation se compte en semaines : c’est elle qui évite le numéro perdu ou la bascule un vendredi soir. Les règles complètes figurent dans la portabilité selon l’Arcep — et le principe intangible : ne jamais résilier soi-même, c’est le nouvel opérateur qui orchestre.
La téléphonie : rapide à ouvrir, plus longue à bien déployer
Ouvrir un service de téléphonie cloud prend quelques jours : créer les comptes, affecter les numéros provisoires, livrer les postes. Le déployer correctement prend 2 à 6 semaines : reprise du plan de numérotation, scénarios d’accueil (SVI, horaires, débordements), formation des utilisateurs et conduite du changement, puis recette avant de couper l’ancien. Un raccordement d’IPBX existant par passerelle suit le même ordre de grandeur, l’installation physique en plus.
Les équipements spéciaux : le délai des autres
Alarme, téléalarme d’ascenseur, terminal de paiement, télérelève : leur migration dépend de prestataires tiers (télésurveilleur, ascensoriste, mainteneur monétique) avec leurs propres plannings — souvent 4 à 8 semaines de délai de rendez-vous, davantage en période de pointe. C’est le poste le plus fréquemment découvert en retard, d’où l’importance de l’inventaire très en amont.
Le recouvrement : le temps de sécurité qui s’achète
Entre la mise en service du nouveau et la résiliation de l’ancien, prévoyez une période de recouvrement — typiquement 2 à 4 semaines de double fonctionnement — pour valider en conditions réelles avant de couper. C’est un surcoût délibéré et remboursé au premier incident évité.
Les délais de bout en bout, par profil
- Particulier (box + téléphone) : 2 à 6 semaines, l’essentiel étant le rendez-vous fibre.
- TPE / commerce (box pro + téléphonie + TPE/alarme) : 1 à 3 mois, rythmés par les prestataires tiers.
- PME mono-site (accès pro + standard + équipements) : 2 à 4 mois, recette comprise.
- Organisation multisite : 12 à 18 mois par vagues — le déroulé complet est dans notre rétroplanning type et la méthode dans piloter une migration multisite.
En synthèse
Le chemin critique d’une migration est presque toujours l’accès (semaines à mois) ; la portabilité se gagne dans la préparation ; les équipements spéciaux imposent le délai des autres ; et le recouvrement ajoute son temps de sécurité. Rapporté à la date de fermeture de votre commune (vérifiable sur notre calendrier), ce total explique la règle constante de ce site : on ne migre pas dans le dernier trimestre.
Les délais cités sont des ordres de grandeur couramment constatés, variables selon les zones, les opérateurs et la période ; ils sont donnés à visée d’information et ne constituent pas un engagement.
💡 Combien de temps devant vous ? Le calendrier par commune donne votre échéance, et l’état des lieux estime le chemin critique de votre cas.
Pour aller plus loin
- Rétroplanning type d’un projet de migration télécom sur 18 mois
- Le recouvrement des liens : basculer sans coupure de service
- La portabilité des numéros : ce que dit précisément la réglementation Arcep
- Le plan de recette : vérifier que tout fonctionne après migration
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À lire aussi dans ce dossier
- Piloter une migration télécom multisite : méthode et étapes
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